L’hypnose est un état modifié de conscience dont les techniques permettent notamment des pratiques thérapeutiques sur l’inconscient.

Avant J.C.

On peut retracer les origines lointaines de la pratique de l’hypnose chez les guérisseurs chamaniques sur les peintures rupestres préhistoriques.

Les sumériens (-4000 av. J.C.) ont quant à eux décrit sur leurs tablettes des méthodes hypnotiques. Et chez les égyptiens on retrouve des papyrus (-3000 av. J.C.) montrant la technique des miroirs, probablement utilisée par les médecins de ce temps comme inducteur hypnotique permettant des anesthésies.

Il est également possible de retrouver des traces de cette pratique en Grèce, en France, dans des textes de Tchouang-Tseu*… Ainsi, vous l’aurez compris, la pratique de l’hypnose ne date pas d’hier.

Première évolution de l’hypnose 

L’hypnose connaît une réelle évolution avec le médecin allemand Franz Anton Mesmer. Il est le premier à avoir “l’ambition de donner une interprétation enfin rationnelle à des phénomènes que l’on peut décrire sous le terme général de ‘transe’ et qui tels quels, semblent désigner l’irrationnel ou la magie.”

Sa principale théorie vient d’une expérience qu’il vivra en 1773 où il soignera une demoiselle (qui présentait des crises douloureuses et convulsives à répétitions), à l’aide d’aimants, se basant sur des travaux de médecins anglais. À la suite de cette expérience, il exprima l’idée selon laquelle il existe un fluide magnétique universel qui, d’une certaine manière, pourrait avoir des vertus thérapeutiques.

Ses théories et pratiques seront communément appelées « mesmérisme » ou « magnétisme animal ». 

En 1784, Armand M.J. de Chastenet, marquis de Puységur, commence à pratiquer le magnétisme animal pour soigner les maux de ses vassaux. Lors du soin de l’un de ses jeunes paysans, il se rend compte qu’au lieu de provoquer une crise mesmérienne, le jeune homme tombe dans un sommeil calme et profond. Pour autant, ce dernier manifeste une activité mentale intense. Il parle sans son patois et entretient des conversations sur des sujets excédant ses préoccupations habituelles. 

Dans un même temps, Louis XVI commissionne des personnes pour étudier la pratique du magnétisme animal. Ces derniers en concluent que l’imagination est la véritable cause des effets attribués au magnétisme et nient l’existence du fluide universel.. Dès ce moment, le magnétisme divise, entre les successeurs de Mesmer qui continuent de croire en l’existence du fluide et ceux qui rejettent totalement cette notion, créant de ce fait de nouvelles théories sur l’hypnose.

En France, l’âge d’or de l’hypnotisme (terme donné à l’époque) dure une dizaine d’années, de 1882 à 1892. Les deux principaux acteurs de l’hypnotisme de ce temps étant J.M. Charcot et Bernheim.

J.M. Charcot a, quant à lui, étudié les trois grands effets de l’hypnotisme : la léthargie*, la catalepsie* et le somnambulisme. Au fil de ses recherches, il pose la base de la théorie “traumatico-dissociative*” des névroses. Théorie développée plus tard par P. Janet, J. Breuer et S. Freud qui, dès 1888, entreprend de « retrouver » sous hypnose les souvenirs traumatiques des patients. 

Finalement, pour l’école de la Salpêtrière, ou enseigne Charcot, il est dit qu’un individu hypnotisable est souvent un hystérique, soit actuel, soit en puissance et toujours un névropathe.

Bernheim de son côté s’intéresse de près à l’hypnose après une rencontre avec le médecin Liébeault. Totalement séduit par ses techniques, il décidera d’introduire l’hypnose dans son service d’hôpital universitaire. 

À force d’expériences, Bernheim définit l’hypnose comme un simple sommeil produit par la suggestion et susceptible d’applications thérapeutique. 

De ce fait, il s’oppose à la définition de Charcot qui voit en l’hypnose un état pathologique propre aux hystériques. Bernheim finit par progressivement abandonner l’hypnose formelle, soutenant que ces effets peuvent tout aussi bien être obtenus à l’état de veille par suggestion, selon une méthode qu’il désigne du nom de psychothérapie. 

Pour lui “il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que de la suggestibilité”.


L’interdiction Freudienne

Dès 1885, Freud étudie les théories et techniques de Charcot avant de s’intéresser à celle de Bernheim. Il finit par décider d’appliquer la méthode de P. Janet, médecin et psychologue français, qui est parvenu à guérir des malades de leurs symptômes en retrouvant et suggérant sous hypnose divers souvenirs traumatiques de leur enfance. Il est d’ailleurs le premier à parler de subconscient. Au terme d’études et d’expériences, Freud finit par rejeter totalement l’hypnose, considérant que celle-ci est une manipulation du sujet qui ne lui permet pas de se confronter à ses blocages, contrairement à la psychanalyse. 

Il déclara en 1917, lors de la dix-neuvième conférence d’introduction à la psychanalyse, que la psychanalyse à proprement parlé est réellement née avec la fin de l’utilisation de l’hypnose. En dépit de l’interdit freudien, de nombreux psychanalystes ont continué à s’intéresser à l’hypnose et à la pratiquer. 

L’hypnose de nos jours

C’est un psychiatre américain, Milton Erickson, qui après avoir étudié l’hypnose et son utilisation en psychothérapie une grande partie de sa vie, donnera naissance à l’hypnose moderne.

Dans les années 1980, des suites de ses travaux, sont développées de nouvelles pratiques thérapeutiques dont “la nouvelle hypnose, la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et les thérapies brèves”.

Désormais et depuis plusieurs années, de nombreux hôpitaux français utilisent l’hypnose comme solution d’anesthésie et différentes écoles ont vu le jour, proposant des formations à l’hypnose thérapeutique ou médicale.

Cependant cette pratique, comme d’autres techniques thérapeutiques, n’est encadrée d’aucune législation. Aussi, il est important de se renseigner sur les compétences professionnelles du praticien qui propose des thérapies. 

Léthargie : Sommeil profond et prolongé dans lequel les fonctions de la vie semblent suspendues
Traumatico-dissociative : La dissociation traumatique est due à un mécanisme neuro-biologique de sauvegarde exceptionnelle mise en place par le cerveau de la victime pour survivre à un stress extrême
Catalepsie :Suspension complète du mouvement volontaire des muscles.
Tchouang-tseu ou Zhuangzi, de son vrai nom Zhuāng Zhōu, est un penseur chinois du IVᵉ siècle av. J.C.